
Amandine Delesculier est ASV référente au CHV (Centre Hospitalier Vétérinaire) Languedocia à Montpellier . Elle a accepté de répondre à nos questions sur le rôle primordial des ASV en structure vétérinaire.
Rémi LAVAGNE : Pouvez-vous nous détailler votre parcours et ce qui vous a conduit à devenir ASV ?
Amandine DELESCULIER : Comme beaucoup, je souhaitais devenir vétérinaire quand j’étais enfant. Mon parcours scolaire était correct, mais peut-être pas suffisant pour l’être. Les CPE ne connaissent pas ce métier, c’est donc sur les conseils d’un ami d’enfance, lui-même en école vétérinaire, que j’ai découvert le métier d’ASV. J’ai eu la chance d’obtenir un CDD pour remplacer un congé maternité dans la région de Grenoble. Une vétérinaire m’a donné ma chance, et j’ai mis un pied dans le métier il y a 17 ans, sans jamais le quitter.
J’ai toujours voulu travailler avec les animaux. Assez vite, on m’a proposé de suivre la formation du GIPSA pendant deux ans. J’ai terminé cette formation en 2009.Un an plus tard, je suis partie dans la région de Montpellier, où j’ai travaillé dans une clinique généraliste. C’était dans une petite structure qui faisait du référé en chirurgie. Là encore, un vétérinaire m’a offert l’opportunité d’apprendre, et je l’assistais en chirurgie de convenance et en chirurgie plus pointue. J’y suis restée environ cinq ans.
En 2015, j’ai décidé de changer d’air et j’ai postulé au CHV Languedocia à Montpellier. J’ai alors pris un poste exclusivement dédié à la chirurgie, ce qui m’a permis de me spécialiser petit à petit. Quand je suis arrivée, j’étais la troisième ASV et, aujourd’hui, notre équipe en compte une dizaine. J’y suis référente depuis quatre trois ans.
R.L : En quoi consiste le rôle de référente ?
A.D : Mon rôle consiste à accueillir les nouvelles ASV, les guider et les former au fonctionnement du service. Je suis désormais la plus ancienne en termes d’expérience au sein du service de chirurgie. Je joue également un rôle de lien entre la direction et l’équipe ASV en participant à des réunions mensuelles avec les référents d’autres pôles pour transmettre certaines requêtes et informations .
Je gère aussi les commandes pour le service, ainsi que le SAV. Ce n’est pas un rôle de manager à proprement parler : je ne suis pas là pour donner des ordres ou motiver l’équipe.
R.L : Vous travaillez exclusivement en service de chirurgie, qu’est-ce que cela change au quotidien ?
A.D : Aujourd’hui, je n’ai presque plus de contact avec les propriétaires d’animaux, mis à part lorsqu’on leur rend après les soins, ce qui est toujours agréable. Nous avons aussi la chance de disposer d’un service secrétariat au sein du CHV donc nous ne gérons plus du tout la facturation et le côté administratif.
Le poste d’ASV en chirurgie consiste à être présent au bloc opératoire toute la journée, avec des tâches très techniques : préparation du bloc, des animaux, surveillance de l’anesthésie, un peu comme une infirmière de bloc en médecine humaine. Les vétérinaires comptent beaucoup sur nous pour que tout se déroule correctement. Nous avons des gestes techniques très précis et devons respecter scrupuleusement la réglementation émanant de l’Ordre national des vétérinaires.
R.L : Quelles sont les différences et les points communs avec le travail d’ASV dans une structure vétérinaire plus « classique » ?
A.D : Dans un CHV, il y a moins de polyvalence qu’en structure classique mais on gagne en technicité en se spécialisant davantage. En chirurgie, par exemple, on passe la journée au bloc quand certains de mes collègues, spécialisées en hospitalisation, s’occupent des soins aux animaux hospitalisés après leur opération durant leur convalescence. Elles surveillent les soins, veillent à ce que les animaux aillent bien, et signalent toute anomalie au vétérinaire. Ce travail est similaire à celui d’une ASV en structure généraliste qui gère les réveils post-opératoires, bien que le volume de travail soit différent.
R.L : Y a-t-il une formation particulière pour être ASV référente ?
A.D : Non, c’est généralement une promotion en interne propre à chaque CHV ou structure généraliste assez importante. Cela permet à l’employeur de déléguer certaines tâches, car les vétérinaires n’ont pas tous la casquette de chef d’entreprise. Cette organisation se démocratise, et il y a de plus en plus d’ASV référentes ou coordinatrices.
Il est possible de se former, par exemple avec des formations en gestion d’entreprise. Mais dans la plupart des cas, c’est l’expérience et la culture de l’employeur qui priment. Parfois, des formations internes, notamment techniques, sont proposées. Dernièrement, par exemple, nous avons suivi une formation en cardiologie pour apprendre à bien lire un ECG ainsi qu’une autre en anesthésie. Il est d’important de rester au fait de certaines actualités médicales.
R.L : Quelle est votre vision du métier et quelles tendances en observez-vous ?
A.D : Je pense qu’on va demander de plus en plus de technicité aux ASV, bien que dans les petites structures, la polyvalence restera de mise. La polyvalence reste la base du métier. Avant de se spécialiser, il est essentiel de maîtriser tous les aspects d’une structure : de l’accueil à la gestion des plannings, de l’aide à la consultation à la préparation en chirurgie.
Avec l’augmentation de la charge de travail chez les vétérinaires, il y aura probablement plus de délégation vers les ASV. D’ailleurs, la plupart des ASV souhaitent plus de responsabilités pour valoriser leur travail. Nous aimerions être mieux formées pour réaliser certains gestes techniques et il y a une vraie demande en ce sens. Nous verrons bien si les choses changeront à l’avenir.
R.L : Quels conseils donneriez-vous à des personnes intéressées par le métier d’ASV ?
A.D : Je leur dirais de ne jamais abandonner si elles sont vraiment motivées. Ce n’est pas toujours facile de trouver une place, il faut parfois accepter de bouger et de commencer par des remplacements. La seule formation reconnue aujourd’hui est celle d’APFORM, que je recommande vivement. Cela permet d’éviter de nombreuses questions lorsqu’on débute dans le métier.
Il est aussi essentiel de montrer sa motivation et de saisir les opportunités. Une qualité importante selon moi, c’est la curiosité : il ne faut jamais hésiter à poser des questions car il n’y a pas de questions idiotes.
Une association professionnelle pour les auxiliaires vétérinaires
En avril 2015, une association professionnelle, l’AssAV, l’Association des Auxiliaires Vétérinaires, a été créée en France afin de permettre aux auxiliaires vétérinaires de participer à l’élaboration du congrès national des ASV (2 journées à Lyon les 27 et 28 novembre 2015, en co-organisation avec l’AFVAC et APFORM),ainsi que pour construire une cohésion et une solidarité professionnelle.
L’association a pour objet “de développer les compétences et les connaissances professionnelles du personnel salarié non vétérinaire des structures vétérinaires définies dans le règlement intérieur, en favorisant l’accès à la formation continue et complémentaire, de mettre en place des activités concourant à l’objet social en collaboration avec des associations techniques et structures professionnelles vétérinaires. Elle a également pour objet d’améliorer la reconnaissance de la profession d’auxiliaire vétérinaire, et de favoriser l’accès à l’information ainsi que les échanges professionnels entre les auxiliaires vétérinaires par tous moyens.
PageFacebook ici : www.facebook.com/AssAV.association.auxilaires.veterinaires.
L’adresse mail pour tout renseignement : contact@assav.fr
